Théo Mercier

Gᴖᴗdworld Studio+Compagnie

Skinless

Skinless

Création mars 2024
au Quartz Scène nationale de Brest

Disponible en tournée

Chaque jour, derrière les murs des villes, des personnes sans visage s’aiment et construisent méticuleusement un continent de souvenirs. Quand la fin arrive, l’amour et le désir se jettent comme les emballages d’un produit consommé. Que reste-t-il de ces sentiments déchus, ces ordures parmi les ordures qui gisent silencieusement sous les trottoirs du présent, ou dans la poubelle du passé ? Comme une plongée dans l’épaisseur de l’érotisme et du sale, Skinless, le nouveau spectacle de Théo Mercier, est un vaste dispositif quadri-frontal fait de déchets compressés, dans lequel trois personnages masculins évoluent sous l’œil observateur des spectateurs debout. Cette utopie dystopique met en scène un couple à trois têtes qui habiterait les ruines du capitalisme…

Quand les lumières artificielles s’allument sur ce paysage de la fin du monde, le public se trouve cerné par deux hautes murailles de déchets métalliques et découvre au centre de l’espace une arène faite de papiers abîmés. Ici, deux personnages pseudo-masculins recouverts d’une seconde-peau en latex, évoluent entre la surface et les profondeurs d’un monde souterrain auquel nous n’avons pas accès. Alors qu’ils ne font qu’un avec l’environnement dont ils sont les agents transformateurs, un troisième personnage métallique évolue, lui, en solitaire dans les couloirs périphériques du monde d’en haut. Inlassablement, ce dernier va et vient à la manière d’un ange mécanique ou d’une caméra de surveillance assoiffée d’amour. C’est en fait à travers les yeux de ce personnage tragique que le drame de cette relation d’amour nous engloutit. Au fil de la pièce, le couple de pseudo-garçons n’aura de cesse de muer et de muter entre l’expression et la répression du désir. S’ils digèrent le cadavre du monde, ils sont aussi l’essence de la vie : tout comme le lit de détritus sur lequel ils reposent, ils ne sont autres que les déchets du passé et les futurs restes d’eux-mêmes. Comme dans une parade amoureuse, ces Adam et Eve au masculin se métamorphosent, se dévorent, se dissolvent, se mélangent, s’incorporent et s’approprient tout ce qui leur reste sous nos yeux. Ensemble, ils recyclent leur relation à l’infini et inventent un langage érotique aussi vulnérable que viscéral. Leur langue inconnue de tous, aurait probablement la couleur de la chair et l’odeur d’une décharge à cœur ouvert.

C’est ainsi qu’au cœur de ce jardin d’Eden inversé, Skinless nous raconte la genèse dégénérée d’une histoire d’amour aussi infertile que transgressive. Car si les détritus sont le terreau unique de cet éco-système à deux niveaux, une répartition des rôles semble pourtant se dessiner très nettement. Tel un démiurge de la tragédie sociale, l’architecte invisible de ce monde désenchanté semble régir les dynamiques de relation et de pouvoir de ce trio avec une main de fer. Face à cet empire de la norme, Skinless rejoue en fait les codes de la Genèse dans une version déviante. Le déchet tout comme l’homo-érotisme y apparaissent comme des endroits de contestation et des mises en désordre du monde. Car si les corps infertiles sont perçus comme quelque chose qui déséquilibre le monde « normal », les modes de relation que Théo Mercier tente d’inventer à partir des ruines sont avant tout des formes d’amour inspirantes pour la vie elle-même. Dans un lyrisme à la fois sombre et hypertrophique, il met en scène un paysage et une performance qui délivrent au public un décryptage émotionnel de la société de consommation, une lutte contre les systèmes de contrôle et surtout, un hymne à l’amour et à la métamorphose.

Entièrement créé à partir de déchets triés et sourcés localement, Skinless est aussi le fruit d’un partenariat en nature avec le géant français du tri PAPREC, qui fournit la matière de ce spectacle sur l’ensemble de sa tournée en France et en Europe. Fort de ses expérimentations autour du sable et de l’écologie d’emprunt, Théo Mercier développe une réflexion sur les modes de production éco-responsables.

Théo Mercier

Gᴖᴗdworld Studio+Compagnie

Vidéo

Distribution

Conception & mise en scène
Théo Mercier

Scénographie
Théo Mercier, Florent Jacob et François Boulet

Collaboration artistique et dramaturgique
Florent Jacob

Collaboration chorégraphique
Anna Chirescu

Interprété et créé en collaboration avec
Bruno Senune, Maxime Thébault & Aurélien Vieillard

Composition sonore
Pierre Desprats

Costumes
Colombe Lauriot Prevost

Création Lumière
Théo Mercier, Florent Jacob & François Boulet

Régie générale
François Boulet & Sara Ruiz Marmolejo

Production, diffusion, administration
Alma Office – Alix Sarrade

Production
Goodworld

Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès

Coproduction
Théâtre national de Bretagne – Rennes, Le Quartz, Scène nationale de Brest, Le Volcan, Scène nationale et le Portique, centre régional d’art contemporain du Havre, Maison de la Culture d’Amiens – Pôle européen de création et de production, La Villette – Paris, Festival d’Automne à Paris, CCN – Ballet National de Marseille dans le cadre de l’accueil studio / Ministère de la Culture.
Avec le soutien du Cndc – Angers dans le cadre des Accueil Studio

Avec le soutien de Montévidéo, Centre d’Art et de la Ménagerie de Verre, Paris
Mise à disposition de studio au CND Centre national de la danse

Avec le soutien du groupe Paprec

Dates de tournée

2024
13-14 mars : Festival DañsFabrik, Quartz Scène National de Brest, France
22 mars : CNDC d’Angers, France
26-30 mars : Théâtre National de Bretagne, Rennes, France
Août : Zurich, Suisse
Septembre : Marseille, France
Octobre : Lausanne, Suisse ; Ottawa & Montréal, Canada
Novembre : Paris, France