Show

Du futur faisons table rase

Festival EXIT MAC Créteil-Theatre de nanterre les amandiers march 2014

Un spectacle de Theo Mercier, avec Sexy Sushi, Pauline Jambet, Marlène Saldana, Jonathan Drillet, Père Boule, François Chaignaud et Philippe Katerine
Bande son Laurent Durupt
Mise en scène et scénographie Theo Mercier
Textes Pauline Jambet, Thomas de Visme, Marlène Saldana et Jonathan Drillet
Lumières Florent Jacob
Régie Jean-Baptiste Bellon
Production Label Dalbin


Ce soir l’avenir est à vendre. Vous n’en donnerez pas cher. Pourtant quoi de plus imparfait que le présent ? Le passé peut-être, avec ses oripeaux poussiéreux.

Effets sonores et optiques, rythme heurté, jeux d’ombres et d’éclairages, apparitions, déclamation, tout se joue sur scènes. Le pluriel est important. Podium, tribune, tréteaux de théâtre, plateau de festival, piédestal : c’est là que le temps se matérialise, à la vitesse de la lumière. Il y a un sens de lecture, qu’il faut essayer de suivre. Chronologique absurde.

Puis : sans transition, la musique occupe tout l’espace, noyant dans un déluge éclatant de sons le public abasourdi. Il assiste au spectacle d’un concert qui semble avoir déjà commencé. Pris dans l’éclair aveuglant de l’instant, déconnecté de tout autre réalité que celle de cette énergie ultra violente qui se donne à voir et à entendre. Les barrières de Vauban sont-elles là pour protéger le groupe en train de jouer ou les spectateurs ? Qui est vraiment en danger ?
C’est du live.

Où se réfugier sinon, dans l’éternité… Depuis qu’il est en résidence à Rome, à la Villa Médicis, Theo Mercier connaît l’angoisse de vivre entouré de vieilles pierres. Il la manifeste en peignant à la main des slogans de protestation sur d’immenses banderoles de coton. « Hier ne meurt jamais » ; « Le bon vieux temps » ; « Je ne regrette rien » … : ces banderoles servent de décor à cette tragique comédie musicale dans laquelle l’artiste a embarqué performeurs, acteurs, danseurs, chanteuse … tous ralliés à son impératif implacable : « Du futur faisons table rase ». Ou pour le dire autrement, ne soyons pas nostalgiques de demain.

Anne-Cécile Sanchez